Les manipulateurs : A la rencontre de sociopathes ordinaires

« Le Pervers Narcissique (aussi appelé Pervers Narcissique Manipulateur, ou PNM)  est une personne totalement dépourvue d’empathie, qui n’éprouve aucun respect pour les autres, qu’il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d’autorité. »

Les lois sur le harcèlement moral et la violence psychologique ont révélé la multiplication du nombre de ces personnalités perverses.

Comment repérer les manipulateurs

C’est un scénario à la Hitchcock : une nouvelle personne est entrée dans votre vie (un supérieur hiérar­chique ou une nouvelle amoureuse…) et votre quotidien a soudain pris de magnifiques couleurs. Vous vous sentez valorisé(e), reconnu(e), vous avez le sentiment d’être comme «sur la même longueur d’onde» avec lui, ou elle. Vous vous confiez de plus en plus intimement, même au bureau, vous laissez entrevoir des pans entiers de votre passé. Vous êtes prêt à répondre à toutes les demandes de cet interlocuteur, tellement il (car il s’agit le plus souvent d’hommes) sublime vos émotions. Les mois, les années parfois, passent. Et peu à peu, le climat change. Vous vous sentez de plus en plus fragile face à ce partenaire, comme dévitalisé…

«C’est alors qu’on passe du paradis à l’enfer, témoigne Jeanne, 45 ans, qui a vécu une liaison passionnelle avec un pervers narcissique. Pendant trois ans, je ne touchais plus terre, j’étais capable de sauter dans un avion pour le rejoindre à l’autre bout du monde pour un seul week-end, il était mon mentor.» Les choses se gâtent quand elle sent comme des mensonges flotter dans l’air… et qu’elle, habituellement affirmée, n’ose pas poser les questions qui fâchent. «Je me retrouvais à culpabiliser de douter “comme ça” de lui, se souvient-elle. Je ne savais plus quoi penser. En plus, si jamais j’osais réclamer une information, je me faisais retourner comme une crêpe.» Les trois ans qui suivent n’amèneront que désolation, violence, mépris dans le couple. Mais Jeanne ne parvient pas à quitter ce «mentor» qui la détruit à petit feu. Il lui faudra un nouvel amour, allant jusqu’à menacer son prédateur, pour fuir et pouvoir s’en libérer.

Des «vampires de l’âme»

La thérapeute et analyste Geneviève Schmit a connu personnellement une telle relation d’emprise. Elle a créé le portail internet pervers-narcissiques.fr, ainsi que manipulateurs.wordpress.fr, l’un des blogs les plus visités (plus de 1000 visites par jour actuellement).

Elle appelle ces manipulateurs, dont le nombre serait en nette augmentation dans nos sociétés sans repères, «les vampires de l’âme».«Ils savent de manière très intuitive ce à quoi leurs victimes aspirent secrètement, explique-t-elle. Alors ils se présentent tels que leurs proies ont envie qu’ils soient. C’est le professionnel qui prétend connaître le métier dix fois mieux que vous et va vous “prendre en charge”, vous faire profiter de ses réseaux ; c’est le parent divorcé qui sait que son enfant, il vaut mieux le “protéger” de l’autre parent ; c’est l’amant protecteur qui, toujours aux petits soins, comble la jeune femme ayant eu un père très absent…»

Perte de confiance en soi

Ce sixième sens particulièrement développé chez les personnalités manipulatrices explique pourquoi leurs vic­times avouent toutes une «fascination immédiate» au début de la relation. Mais la suite est toujours la même: aux compliments succèdent les dévalorisations, la «disgrâce». Au niveau professionnel, par exemple, ces prédateurs s’approprient les idées de leurs «protégés», tout en les dénigrant. «La plupart du temps, les futures victimes captent certains signaux d’alerte (violence verbale, rejet puis demande vibrante de retrouvailles, sentiment de malaise), mais elles n’en tiennent pas compte», observe Geneviève Schmit.

Un signe qui ne trompe pas, toutefois: la victime perd totalement confiance en elle, devient irri­table, s’effondre progressivement, ses amis disent ne plus la reconnaître. Il est alors plus que temps de demander de l’aide à un tiers: avocat, DRH, psychothérapeute… L’important est de ne plus rester seul avec cette sale impression d’être dévoré de l’intérieur.

Si ces relations d’emprise concernent tout un chacun, on peut toutefois se demander ce qui nous en protège. Pour le psychanalyste Jean-Michel Fourcade, auteur de Les Personnalités limites(Éd. Eyrolles), il faut se dégager du «pacte inconscient» que nous pouvons avoir signé avec un manipulateur ou une manipulatrice. «Pendant longtemps, chacun trouve son compte à la relation. Le prédateur a détecté un besoin auquel il a apporté une réponse. Plus ce besoin est archaïque et inconscient, plus la victime se retrouve “agie” à son insu», explique Jean-Michel Fourcade. Par conséquent, être conscient de ses propres désirs et besoins est une première protection face à des personnalités perverses. «Plus on est autonome, moins on risque d’être victime, ajoute le psychanalyste. Si nous ne pouvons pas nous-mêmes donner un sens à notre existence, nous serons vulné­rables au chant de ceux qui affirment savoir pour nous…»

Autre parade: apprendre à discuter, à négocier. C’est-à-dire savoir dire ses besoins, certes, mais aussi savoir entendre ceux de l’autre. Toute une connaissance de soi qui, ­seule, permet peut-être d’échapper aux filets des personnes les mieux intentionnées.

 

À la rencontre des sociopathes ordinaires

Ignorant l’empathie et le remords, manipulatrices et charismatiques, ces personnalités ont en commun une « inflation de l’ego ».

Qu’y a-t-il de commun entre le collègue harceleur qui humilie son voisin de bureau, le norvégien Breivik qui tue sans remords 77 jeunes, et l’amoureux jusque-là transi qui envoie un texto de rupture en trois mots («je te quitte») à sa compagne de plus de dix ans? Une inconcevable froideur. Bien sûr, les conséquences de leurs actes sont incomparables mais à terme, leur manière de procéder plonge l’individu «normalement névrosé» dans les mêmes questions abyssales: «Comment une telle incapacité à reconnaître l’autre est-elle possible?» Et surtout «comment repérer ces sociopathes, avant qu’ils ne triomphent dans les faits divers?»

Depuis quelques années, les psychologues de toutes obédiences se sont vraiment mis au travail en ce sens. Bien sûr, il y a ceux qui cherchent à comprendre comment naissent l’empathie et la bonté humaines. Mais, tout aussi nombreux, il y a ceux qui osent «regarder le mal dans les yeux», comme le dit la psychologue américaine Martha Stout. Celle-ci décrypte depuis de longues années ceux qu’elle regroupe sous la catégorie du «sociopathe près de chez vous» (titre d’un livre qu’elle a écrit en 2006).

À la suite du chercheur canadien Robert Hare, concepteur d’un tableau d’évaluation des traits relevant de la psychopathie (PCLR – Hare Psychopathy Checklist Revisited), Martha Stout a passé au crible de son analyse les 7 caractéristiques décrites par le DSM-IV * concernant le «trouble de personnalité antisociale»: difficulté à se conformer aux normes sociales, sens de la manipulation, impulsivité, agressivité, mépris pour la sécurité d’autrui, irresponsabilité, manque de remords après avoir fait du mal, maltraité ou volé une personne.

Lorsqu’un sujet présente au moins trois de ces traits, les psychiatres américains peuvent le diagnostiquer sociopathe (aux États-Unis, les termes «sociopathie» et «psychopathie» renvoient à des tableaux cliniques proches). Martha Stout en déduit que tous les sociopathes ne sont pas des criminels en prison, mais que votre voisin de palier peut présenter plusieurs de ses caractéristiques. Selon elle, ce serait le cas de 1 Américain sur 25.

La psychologue ajoute à ce tableau une caractéristique qui signe l’originalité de son travail: l’absence de conscience. Cette carence vient de l’incapacité à éprouver des émotions spontanées envers autrui, donc à pouvoir créer un attachement profond. Très manipulatrices et charismatiques, ces personnes peuvent vous répéter que «vous êtes la personne la plus importante de leur vie», mais au moment où ils l’affirment, aucune empathie de leur part n’est perceptible. D’où le malaise «poisseux» de leurs interlocuteurs qui, eux, sentent bien, que «quelque chose ne passe pas».

«Ils ont très peu d’émotions»

En France, désormais, les essais décrivant les «pervers narcissiques» abondent, essentiellement nourris de l’analyse freudienne dominante chez nous. Le psychanalyste Jean-Charles Bouchoux, qui a publié il y a quatre ans un livre descriptif qu’il dédiait plutôt à ses collègues thérapeutes (Les Pervers narcissiques, Ed Eyrolles) est surpris de voir que les ventes – plus de 40.000 exemplaires – continuent. «Si nous les rencontrons peu dans nos cabinets – eux ne souffrent pas, pourquoi consulteraient-ils? – leurs victimes décrivent de mieux en mieux leurs comportements», explique-t-il. «Il n’y a probablement pas plus de personnalités sociopathes, surenchérit la psychologue et psychanalyste Laurence de Rosen, qui a étudié et longtemps travaillé aux USA. Mais on les cible de mieux en mieux».

Ce repérage permet selon elle de distinguer les narcissiques, «qui éprouvent des émotions fortes mais ont des comportements inadéquats à la suite de celles-ci (ils se mettent en colère, de rage, si on échoue à faire ce qu’ils attendaient par exemple), des sociopathes “purs jus” qui, eux, n’ont que très peu d’émotions.» Pour Jean-Charles Bouchoux, la vraie différence viendrait de l’origine même de ces troubles: «Le pervers narcissique a souvent eu un père absent, ou déficient. Il sait donc que la loi existe ; le psychopathe ne sait pas ce qu’est un père, il n’a donc jamais eu connaissance de la loi.»

Ce qui questionne les psychologues, c’est le manque de discernement dont fait encore preuve la société à l’égard de ces personnalités nocives (Faire ici le renvoi sur l’ITV rebond) : «Ils sont comme invisibles!» déplore Laurence de Rosen, (et en effet, dans nombre de faits divers on entend dire: «Je n’avais pas vu qu’il était capable de faire ça!»). Cet aveuglement de leur entourage s’explique certes par leur charme et leurs tactiques de manipulation, mais aussi par le contexte, selon la psychanalyste: «Ces êtres sont pour la plupart bien adaptés à notre société, qui est elle-même de plus en plus clivée dans ses émotions et coupée des ressentis du corps.» Autant dire qu’ils peuvent se multiplier comme poissons dans l’eau.

* «Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux», publié par l’Association américaine de Psychiatrie

Par figaro iconPascale Senk Le Figaro.fr


-=(x) 30 CRITERES POUR LES DECELER
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Si une personne répond à 14 de ces critères, il est un Pervers Narcissique Manipulateur.

01. Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle
02. Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes
03. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions
04. Il répond très souvent de façon floue
05. Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations
06. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes
07. Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, qu’ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions
08. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge
09. Il fait faire ses messages par autrui
10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner
11. Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne
12. Il ignore les demandes même s’il dit s’en occuper
13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins
14. Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert
15. Il change carrément de sujet au cours d’une conversation
16. Il évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion
17. Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité
18. Il ment
19. Il prêche le faux pour savoir le vrai
20. Il est égocentrique
21. Il peut être jaloux
22. Il ne supporte pas la critique et nie les évidences
23. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres
24. Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui
25. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé
26. Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous
27. Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté
28. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui
29. Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas faites de notre propre gré
30. Il fait constamment l’objet des conversations, même lorsqu’il n’est pas là. »

Le Manipulateur Pervers appellé aussi PERVERS NARCISSIQUE :

A la fois prédateur et illusionniste,il cherche à posséder autrui, détruire son intégrité psychique et morale pour la simple gratification de son ego.

Les pervers narcissiques passent la plupart du temps en société pour des êtres tout à fait normaux, affables et charmants, plutôt bien intégrés socialement. Parce qu’ils vous abordent toujours avec un masque, ils sont assez difficiles à repérer et d’autant plus dangereux. Dans la majorité des cas, vous commencez à entrevoir ce qu’il vous a fait subir bien après être sorti de son emprise, lorsque le pouvoir anesthésiant de celle-ci commence à se dissiper.

Alors là c’est le choc. Après le déni, les doutes,vient la culpabilité, mais pourquoi m’a t-il choisi moi ?, suis-je complice, en partie responsable ? Puis,c’est la prise de conscience de n’avoir été que le jouet d’une manipulation dès plus cruelle dont l’objectif final était une démolition psychologique.Vous avez été victime de harcèlement moral.
Vous tombez de très haut. En effet, une des armes du pervers narcissique c’est votre morale, votre vision de l’homme.

Pourquoi la personne sensée vous aimer s’acharnerait tant à vous détruire? Mais comment imaginer pareille perversion ? Une agression si insidieuse car indirecte ( non physique et parfois même non verbale) ne représente t’elle pas le crime parfait? Pas de preuves tangibles, pas d’arme du crime, rarement des témoins et en apparence pas de mobile!

D’emblé on le trouve attirant, charismatique ; Il fascine par son côté ténébreux .les débuts de la relation avec un pervers narcissique ont toujours un côté magique, et donne à la victime l’impression de vivre un rêve éveillé.

Sa force de conviction est incommensurable. Il se présente toujours comme l’homme idéal, celui qui correspond à vos attentes, votre âme sœur. Mystérieux, un brin enfantin, souvent protecteur. Trop attentionné pour être sincère, trop poli pour être honnête. Apparence si lisse qu’elle en est suspecte.

Il est si charmant et tellement convaincant que l’on demande qu’à le croire et à lui faire confiance. ‘ Il répond de façon quasi obsessionnelle à ce que vous attendez d’un partenaire.’ C’est qu’il est très attentif dans un premier temps à repérer les désirs et attentes inconscientes de sa proie. L’expression un regard pénétrant prend toute sa réalité chez lui. C’est une façon de mettre l’autre sous emprise, de le vampiriser, l’impressionner et l’emprisonner. Il veut subjuguer sa proie, lui faire peur pour la soumettre.

Il ne cesse de brouiller les cartes pour éviter d’être percé à jour. Rien de plus difficile que de coincer un pervers narcissique. Il n’est jamais là ou on l’attend. Instable, il a la bougeotte.

Ce que ‘les spectateurs’ prennent souvent pour une force intérieure inébranlable n’est en fait que l’expression de son vide intérieur et affectif…

Origine de ce texte : http://www.pervers-narcissiques.blogspot.com

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Publié le 19 septembre 2012, dans Non classé, Santé-Alimentation, Société, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Je connais au moins une personne qui réponds pas mal a ces critères

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