Voyager 1: «La première sonde qui va pouvoir mesurer in situ le rayonnement galactique»

Lancée il y a 35 ans par la Nasa, la sonde arriverait aux limites de notre système solaire…

Vers l’infini et au-delà ? 

Voyager 1 a bien voyagé. Cette sonde se trouverait aux limites de notre système solaire, a annoncé la Nasa. Jamais aucun objet spatial n’a été aussi loin jusqu’à maintenant.

La sonde Voyager 1 a quitté la Terre voici maintenant 35 ans – elle a été lancée le 5 septembre 1977. Désormais parvenue à plus de 18 milliards de km de notre planète, elle s’enfonce dans un monde resté jusqu’ici inexploré.

Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique, explique à 20 Minutes tous les détails de ce voyage inédit.

Quelle était à l’origine la mission de Voyager 1?

Cette sonde, ainsi que Voyager 2, avait été lancée en 1977 afin d’étudier les planètes. Avant elles, il y avait les sondes Pioneer qui faisaient partie du programme américain d’exploration des planètes. Ces sondes sont donc intervenues auprès de toutes les planètes géantes (Jupiter, Saturne, Neptune, Uranus, …) avec des caméras et des instruments, avant de poursuivre leur chemin de leur propre élan, vivant leur vie sans direction privilégiée. C’est un peu par hasard qu’on s’est aperçu qu’on pouvait continuer à les écouter. De temps en temps, les chercheurs reprennent ainsi contact avec les sondes.

Que peut-elle nous apporter de plus désormais?

Voyager 1 dispose de très peu d’instruments, donc nous aurons peu d’informations, mais aucune sonde n’a jamais été aussi loin. C’est la première qui va pouvoir mesurer in situ le rayonnement galactique. Mais il faut préciser que cela fait des années qu’on dit qu’elle passe cette frontière. Elle se trouve à la limite de l’influence du soleil, là où s’arrêtent les particules qu’il produit. Si Voyager 1 arrive à passer cette limite, elle sera baignée des particules d’autres étoiles qu’on n’a jamais pu observer et dont on ne connaît pas les conséquences. Entre nous et la prochaine étoile, il y a un vide incommensurable.

Qu’y a-t-il au-delà de cette frontière?

Ce n’est pas un tout ou rien. C’est un no man’s land, comme au sommet de l’atmosphère terrestre, avec une certaine épaisseur modulée par l’activité de la galaxie. Avant de passer dans un autre système solaire, Voyager 1 devrait notamment rencontrer le nuage de Oort qui est un réservoir de petits corps qui entoure notre système solaire. Cependant, il va falloir qu’elle s’arme de patience car il lui faudra encore des milliards d’années avant d’y arriver et d’en sortir complètement. Ce nuage se trouve en effet à environ 8.000 milliards de kilomètres de la Terre et la sonde n’est actuellement qu’à 18 milliards de kilomètres de nous. Par ailleurs, elle devrait aussi continuer à se dégrader à cause du bombardement cosmique.

Jusqu’à quand pourra-t-on garder le contact avec Voyager 1?

Voyager 1 doit prochainement sortir de la zone d’influence du Soleil (héliosphère), où baignent la Terre et les autres planètes du système solaire, pour entrer dans le gaz interstellaire ou galactique, celui à partir duquel se forment les étoiles.

On maintient un contact radio grâce à de grandes antennes placées sur Terre, mais, à un moment, le flux sera trop faible. Je suis personnellement assez surpris qu’on puisse encore entendre la sonde même si les techniques des ondes radio ont progressé. Cependant, on est sans doute aux limites désormais.

Alors où se trouve Voyager 1 à l’heure actuelle ? Elle est peut-être déjà en train de « danser à la limite »de l’espace intersidéral, a déclaré mardi Ed Stone, responsable scientifique de Voyager à l’Institut de Technologie de Californie.

Mais il pourrait se passer « des jours, des mois ou des années » avant que la sonde n’entre effectivement dans l’espace intersidéral selon l’équipe de Robert Decker de l’université John Hopkins (Maryland) dans un article dans la revue scientifique Nature du mercredi 6 septembre.

Selon les scientifiques, les sondes Voyager 1 et 2 pourront continuer à collecter et transmettre des données jusqu’en 2020 et peut-être 2025.

BOUTEILLE

Les sondes Voyager ont embarqué chacune « une bouteille à la mer cosmique », un disque appelé Voyager Golden Record contenant des images et des sons représentatifs de l’histoire de notre monde: un graphique montrant la position de la Terre dans l’espace, une photo de foetus, la structure de l’ADN, des cris d’animaux ou encore une sélection musicale… et enfin des messages dans 55 langues différentes.

Sources : 20 minutes.fr et Lenouvel.obs.com / Institut de technologie de Californie

Publicités

Publié le 7 septembre 2012, dans Astronomie-Espace, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Voyager 1: «La première sonde qui va pouvoir mesurer in situ le rayonnement galactique».

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :