La Terre se réchauffe : les prix alimentaires pourraient doubler d’ici 20 ans

Un rapport de l’organisation Oxfam estime que le réchauffement climatique va mener à une explosion du prix des produits de base.

Les prix des produits alimentaires pourraient doubler dans les années à venir en raison du réchauffement climatique.Les prix des produits alimentaires pourraient doubler dans les années à venir en raison du réchauffement climatique.© GILE MICHEL/SIPA

Les prix des aliments de base pourraient doubler dans les 20 prochaines années – par rapport à 2010 – avec le changement climatique et la multiplication des événements extrêmes qui l’accompagnent (sécheresses, inondations et ouragans), prévient l’organisation Oxfam. Dans un rapport publié mercredi, Oxfam juge que les effets du réchauffement sont « sous-estimés », car « les changements à évolution lente des températures moyennes et des schémas de précipitations », globalement défavorables à l’agriculture, se doubleront de « pertes de cultures causées par des événements météorologiques extrêmes, plus fréquents et plus intenses ».

En 2030, estime l’ONG, le risque accru de sécheresse, semblable à celle qui sévit depuis juin, notamment aux États-Unis – la plus grave depuis un demi-siècle – pourrait ainsi faire grimper le prix du maïs de « 140% par rapport au prix moyen des denrées alimentaires » à cette date. « Cette hausse s’ajoutera à la hausse déjà inévitable des prix des denrées alimentaires envisagée avec le changement climatique », a insisté Clara Jamart, responsable des questions d’agriculture et d’alimentation d’Oxfam jointe par l’Agence France-Presse.

Événements extrêmes

En Afrique australe, « sécheresses et inondations pourraient augmenter de 120 % le prix à la consommation du maïs et d’autres céréales secondaires », montre encore l’étude : rapporté au prix actuel, le sac de 25 kilos de farine de maïs (ration minimale d’une famille pour deux semaines) passerait de 18 à 40 dollars.

L’étude – « La Terre se réchauffe, les prix flambent » (« Extreme Weather, Extreme Prices ») – se fonde sur les travaux de l’Institute of Development Studies de l’université du Sussex (GB) effectués pour le compte d’Oxfam. Les chercheurs ont modélisé les scénarios d’événements extrêmes sur l’Afrique subsaharienne et chacune des principales régions exportatrices du monde pour le riz, le maïs et le blé, afin d’estimer l’impact possible en 2030 sur les prix à l’export et les marchés intérieurs : à l’exportation, les prix du maïs augmenteraient de 177 % ; ceux du blé de 120 % ; ceux du riz raffiné de 107 %.

Flambée des prix

En outre, « la modélisation suggère qu’un ou plusieurs événements climatiques extrêmes survenus en une seule année pourraient donner lieu à des flambées des prix d’une ampleur comparable à 20 années de hausse des prix sur le long terme » relèvent les auteurs.

Ce sont « les populations les plus pauvres qui paieront cette flambée au prix fort : quand un ménage français consacre en moyenne 15 % de son budget à se nourrir, au Sahel cette part peut aller jusqu’à 50 ou 75 % », relève Clara Jamart.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC, mandaté par l’ONU) prévoit une augmentation des températures de 2,5 °C à 5 °C d’ici la fin du siècle accompagnée « d’événements climatiques extrêmes sans précédent ». En dépit de ses engagements, la communauté internationale ne parvient pas à juguler les émissions de CO2 responsables du réchauffement de l’atmosphère. Selon la Banque mondiale, avec la sécheresse aux États-Unis notamment, les prix du maïs et des graines de soja ont respectivement bondi de 25 % et 17 % de juin à juillet et la tendance s’est poursuivie en août.

Source : Lepoint.fr

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Publié le 5 septembre 2012, dans Planète et Nature, Santé-Alimentation, Société, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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