Une liste de maudits du IIIe siècle découverte dans le Kent

On estimait que la conquête de la Bretagne (actuelle Angleterre) par les Romains au Ier siècle n’avait touché que les grandes villes. Mais à l’exemple de la Gaule, les archéologues anglais ont trouvé une rarissime preuve que les Bretons du IIIe siècle, même à la campagne, avaient adopté les traditions cultuelles romaines.

Cette liste avait été trouvée en 2009 par des archéologues britanniques sur le chantier de fouilles d’une temple romain à East Farleigh dans le Kent. Elle se présentait sous la forme d’un petit rouleau de 6×10 cm, épais d’un mm. Une fois déroulée, la liste présentait quatorze noms, d’origine tant romaine (Sacratus,MemorianusConstan) que celtique (AtrectusAltidenus). D’après Roger Tomlin, docteur du Wolfson College (Osford), « le début du texte a probablement disparu », car « aucun dieu n’est nommé ».

L’aspect du rouleau.

Ce procédé de malédiction était mis en œuvre de la façon suivante : on s’adressait à un ou plusieurs dieux, en inscrivant sur une liste le nom des personnes à faire maudire, puis cette liste était roulée et enterrée dans un lieu considéré comme étant une entrée des « Enfers » (le monde des morts), à savoir une grotte, une source, les fondations d’une maison, une tombe. On appelle ce procédé la « defixio» et il est très différent d’une autre sorte de malédiction, qui pouvait être prononcée seulement par l’autorité civile, la damnatio memoriae. Cette dernière visait à effacer toute trace de celui qui été maudit, son nom était bûché sur les monuments publics, et même jusque sur ses biens ou sa tombe.

En Angleterre, des dizaines de tablettes et de rouleaux de defixio, semblables à celui du Kent, ont été trouvés dans de grands centres urbains et romains, notamment à Bath (130) et au temple romain de Mercure à Uley (80). C’est la première fois que l’on trouve un tel rouleau dans un temple rural.

Le rouleau du Kent décrypté

Cependant, les recherches archéologiques menées depuis le XIXe dans l’ensemble de la Gaule et de l’Armorique ont montré que les Romains ne tenaient pas seulement les grandes villes, contrairement à la croyance antérieure, mais avaient organisé beaucoup de fortins ruraux qui étaient devenus des centres de rayonnement de la religion polythéiste romaine, et de là se sont transformés en bastions du christianisme naissant. Ainsi, en Bretagne, il y avait, outre une communauté gallo-romaine importante à Nantes, plusieurs centres ruraux densément peuplé et carrefours de nombreuses voies, comme Blain, où récemment encore, les travaux d’un lotissement ont été perturbés par la découverte d’un temple romain. Un sanctuaire romain se trouve aussi à Mauves-sur-Loire .

Le village deCampbon passe aussi pour avoir été un fortin romain. Il est donc fort probable que les croyances romaines aient été très implantées sur le territoire de l’actuelle Bretagne, et que peut-être un jour fera-t-on de semblables découvertes dans notre pays.

Pour en savoir plus, lire l’article du Daily Mail

Via LeFloc’hingtonpost.com

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Publié le 25 août 2012, dans Enigmes historiques, Spiritualité - Religions, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Une liste de maudits du IIIe siècle découverte dans le Kent.

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