« Curiosity », ou « radioactivity » ?

Le MSL « Curiosity » a embarqué 5 Kg de Plutonium-238 et un détecteur de radiations « évolué ».

Le véhicule télécommandé de la NASA qui a récemment « amarsi « et dont on nous rebat les oreilles avec d’autres joyeusetés olympiques saisonnières tout aussi assoupissantes (sur un plan purement « informatif ») s’avère emporter plusieurs kilos de PuO2 afin d’alimenter ses composants électriques et électroniques prévus pour fonctionner de 2 à 10 années.

 

Enfermer 5 Kg de Plutonium dans un engin susceptible d’exploser dans l’atmosphère, est-ce réellement une bonne idée ?

Les ingénieurs ayant conçu l’engin lui ont accolé, à titre expérimental, un nouveau type de générateur électrique (MMRTG) fonctionnant avec un carburant à base de Dioxyde de Plutonium (PuO2) et des thermocouples de nouvelle génération.

Les précédents engins « d’exploration » emportaient fréquemment une charge de combustible nucléaire de Polonium-210 (demi-vie : 138 jours) dont la radiotoxicité était également très élevée ; il faut savoir que la radioactivité dégagée par le Plutonium-238 est environ 250 fois plus élevée que celle du Plutonium-239 de « qualité militaire ». Les missions précédentes semblaient revenir à des générateurs solaires plus classiques et plus sages mais la NASA, probablement décidée à remonter la réputation d’un électronucléaire bien tristounet, est revenu à ses amours nucléaires antérieurs.

Donc, la toxicité du Pu-238 est telle qu’une dose de 0.18 µg (180 milliardièmes de gramme) suffit à tuer un humain en lui communiquant une dose équivalente mortelle de 5 Sv (calcul AIPRI) !

Les 5 kg de Pu-238, toujours d’après les estimations de l’AIPRI, auraient ainsi pu libérer environ 27 milliards de doses potentiellement létales si le propulseur Altlas-V avait du être auto-détruit dans sa phase de vol atmosphérique (quelques minutes seulement, mais les plus critiques du vol).

La NASA prête à « décontaminer » en cas d’accident grave lié à son joujou

Le plus fort dans cette histoire, c’est que la probabilité d’accident grave lors du lancement avait été estimée par les ingénieurs de la NASA (1/420 en phase stratosphérique) (1) et que cette dernière s’était même « amusée » à chiffrer les coûts d’une éventuelle décontamination – probablement « à la Japonaise »  comme si décontaminer suffisait à annihiler voire même à limiter les effets d’une telle catastrophe !

Dès que le Plutonium est « incorporé » (avalé ou respiré), la messe est dite !

Décontaminer ne s’applique qu’aux surfaces contaminées, pas aux êtres vivants qui se trouveraient sur le trajet de descente de ce poison et qui seraient condamnés dès lors qu’ils auraient respiré quelques milliers de particules extrêmement fines (2) de ce « nuage » empoisonné ; si la dose inhalée est plus faible, une seule particule de Plutonium peut entrainer une radiotoxicité locale très importante sur les cellules voisines (3) et déclencher une réaction en chaîne cellulaire.

Les radiations ionisantes n’agissent souvent que sur les cellules-filles des cellules ionisées, d’où les délais de plusieurs mois / années constatés généralement entre l’exposition et la morbidité radio-induite (enc)

Le Plutonium, élément artificiel par essence dispersé dans le cosmos, est-ce « éthique » ?

Sur un plan plus « cosmologique », en admettant que la planète Mars soit habitée par autres choses qu »‘au mieux des amibes » comme le pensent certains cerveaux terrestres hyper-développés, voir débarquer sur « leur » planète un radioélément parfaitement artificiel et parfaitement nuisible pose un gros, gros problème éthique : jusqu’où l’homme est-il prêt à exporter sa bêtise ? Probablement au bout de l’univers ?

Cerise sur le gâteau : un détecteur de radiations ultrasensible à bord !

Le nucléaire, c’est décidément l’art de pousser le paradoxe et l’illogisme à son comble : « curiosity » a été affublé d’un détecteur isotopique très performant (RAD) afin de vérifier l’existence de « menaces » radioactives nocives sur Mars ; évidemment ce type de détecteur Gamma / Neutrons n’est pas très sensible aux rayonnements Alpha émis par le Plutonium-238 du générateur électrique… faudrait pas auto-saboter ce volet de la mission scientifique, quand même…

Détecteur ultra-performant de radiations ou pot-au-lait ?

(1) Chiffre bien évidemment contesté car contestable : 1/200 pour l’IES, un autre département de la NASA

(2) Quelques microns ou millionièmes de mètre

(3) L’échelle très réduite de la particule contaminante s’approchant de celle des cellules humaines ; par ailleurs la réaction est très locale du fait du rayonnement Alpha (restreint mais surpuissant) du Pu-238 et de ses descendants

Source :

« Curiosity, alimenté au Plutonium, se pose sur Mars alors que les promoteurs du nucléaire expédient leur technologie dans l’espace », Karl Grossman, 6/8/12, enformable.com /Gen4/ lu sur Terresacrée.org

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Publié le 11 août 2012, dans Astronomie-Espace, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur « Curiosity », ou « radioactivity » ?.

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