Curiosity : pourquoi ne peut-on pas dire «amarsissage» ?

Une des premières photos envoyées par Curiosity après son atterrissage sur Mars.
Une des premières photos envoyées par Curiosity après son atterrissage sur Mars.Crédits photo : NASA/AP
 

Ni l’Académie française ni l’Académie des sciences ne reconnaissent le terme, pour les mêmes raisons qu’elles n’ont pas accepté le mot «alunissage».

Le robot américain Curiosity a posé ses roues sur le sol martien ce lundi matin vers 7h30, au terme d’un voyage de huit mois. Selon l’Académie des sciences et l’Académie française, il est incorrect de désigner cet événement comme un «amarsissage». Pour elles, le seul mot valable est atterrissage. Celui-ci signifie se poser sur le sol et non forcément sur la Terre, indiquent-elles. Le Journal officiel du 22 septembre 2000 a statué et définit le mot atterrissage comme l’action de poser un agent aérospatial sur le sol d’un astre, explique l’Académie française au Figaro.

Un des principaux arguments avancé par l’Académie française pour ne pas reconnaître «amarsissage» est qu’il est impossible de créer un nouveau mot à chaque fois qu’un engin se pose sur une nouvelle planète. Dans les années 1960, une polémique avait déjà éclaté pour savoir s’il était correct de parler «d’alunissage», un terme que l’Académie française n’a depuis toujours pas reconnu. L’Académie des sciences avait, en 1962, organisé une réunion secrète pour statuer sur ce mot, à en croire le récit donné par Louis Guilbert dans Le Vocabulaire de l’astronautique. «L’Académie rejette l’emploi des termes “alunir”, “alunissage” pour désigner l’action de prendre contact avec le sol lunaire», avait-elle finalement statué, au terme de longues heures de débat.

«La langue est ce qu’en font les locuteurs»

Mais tout n’est pas perdu pour le néologisme: le rôle de l’Académie française est aussi d’entériner l’usage des mots. Si «amarsissage» est utilisé de manière naturelle par tous pendant plusieurs années, elle le reconnaîtra dans son prochain dictionnaire. «La langue est ce qu’en font les locuteurs», explique au Figaro Frédéric Vitoux, académicien membre de la Commission du dictionnaire. «Nous aimerions que les Français utilisent courriel plutôt qu’e-mail, par exemple, mais les deux tiers continuent à parler d’e-mail. Nous pouvons donner des indications, des repères, mais le langage se construit tout seul.»

Il faut environ une dizaine d’années d’usage pour que l’Académie française considère qu’un néologisme peut entrer dans le dictionnaire, estime le linguiste Claude Hagège. «D’autres dictionnaires sont plus souples et réactifs, comme Le Robert. Je ne serais pas surpris de voir le terme d’“amarsissage” dans sa prochaine édition», poursuit le spécialiste. Aujourd’hui, seul le Wiktionnaire, dictionnaire libre et participatif, donne sa définition. Cette question ne se pose pas outre-Manche, où la langue anglaise distingue la Terre «earth» de la terre «land». Les anglophones parlent donc de «landing» sur n’importe quelle planète.

Judith Duportail lefigaro.fr

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Publié le 6 août 2012, dans Astronomie-Espace, Sciences-Technologies, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Oui c’est vrais pourquoi ne pas dire dire amasrissage, bon le problème dans notre langue cela n’existe pas de plus les échantillons que le rover va analyser tu appels cela comment ?
    Du terramarsiomachin ? lolllll.;-)

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