Les éthylotests : un futur déchet à traiter!

L’association Robin des bois a alerté la ministre de l’Écologie en soulignant que les alcootests maintenant obligatoires contiennent une substance cancérigène, et demande la création d’une filière de collecte et de traitement.

Depuis le 1er juillet, les éthylotests à usage unique sont devenus obligatoiresdans les véhicules (sous peine de sanction à partir du 1er novembre 2012 – en faudra-t-il un ou deux, peut-on au passage se demander?).

Or, alerte l’association écologiste Robin des bois, ces éthylotests contiennent une substance, le chrome 6 (ou chrome hexavalent), classé Cancérogène, Mutagène et Reprotoxique (CMR), à raison de 1 milligramme par objet (et non un gramme comme l’association l’a d’abord écrit). Un éthylotest chimique a une durée avant péremption d’environ deux ans, selon la Sécurité routière.

Robin des bois estime que le marché de ces accessoires peut être estimé à 30 millions par an et a écrit (PDF) à la ministre de l’Écologie, Delphine Batho:

Nous déplorons l’absence de modalités de gestion en fin de vie de ces éthylotests. Les risques sanitaires et environnementaux justifient des recommandations et des solutions autres que « la poubelle » ou « le collecteur de déchets plastiques pouvant être recyclés » telles qu’elles sont préconisées par le principal fabricant français, Contralco.

Les modes de traitement de ces déchets se doivent d’être plus réfléchis, élaborés et respectueux de la santé publique et de l’environnement. Les risques chimiques et bactériologiques pour le personnel des incinérateurs, des centres de stockage et des unités de recyclage des plastiques sont aussi à prendre en considération.

L’association demande à la ministre d’amener les producteurs et vendeurs d’éthylotests à financer et organiser une filière de collecte et d’élimination des déchets générés par leurs produits en fin de vie.

« L’impact environnemental est réduit », assure le principal fabricant

Le principal fabricant d’éthylotest à usage unique, Contralco, a répliqué via l’AFP que ses produits contiennent 2 mg de chrome 6 par test, « soit pour un volume de 30 millions d’éthylotests, un poids total d’approximativement 60 kilos ».

Le directeur commercial de l’entreprise, Guillaume Neau, a déclaré à l’agence que

« Le dichromate de potassium (chrome VI), utilisé dans notre réactif, possède aussi la propriété de se transformer rapidement au contact de l’air en chrome III, dont l’impact environnemental est réduit. Selon le règlement REACH (Règlement européen dont l’objectif est d’améliorer la protection de la santé humaine et de l’environnement, ndlr), notre article n’est pas classifié dangereux pour l’environnement. »

La Société chimique de France indique quant à elle dans son bulletin (PDF) du 15 juillet 2012:

Ce composé est classé CMR par de nombreux organismes, à commencer par l’European Chemicals Agency (EChA) en charge de REACH, comme substance cancérogène, mutagène et reprotoxique (EC number: 231-906-6). Le nombre d’exemplaires de cet équipement en circulation en France serait de l’ordre de 80 millions par an (la date de validité étant d’une année), représentant 300 kg de dichromate de potassium… qui certes seraient disséminés sur tout le territoire national, mais qui rejoindraient donc poubelles puis usines d’incinération.

Photo: CostaPPPR via Wikipédia, sous licence Creative Commons CC by-sa via SmartPlanet.fr Par Thierry Noisette

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Publié le 2 août 2012, dans Planète et Nature, Société, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Les éthylotests : un futur déchet à traiter!.

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