CONSCIENCE de SOI: Des neurones très spéciaux découverts chez le singe

Il s’agit de neurones « de Von Economo » ou VEN, des cellules cérébrales uniques situées dans le cortex insulaire antérieur, une petite région du cerveau qui joue un rôle clé dans la conscience de soi. Jusqu’à cette étude de l’Institut Max Planck, on pensait que ces neurones très spéciaux n’existaient que chez l’Homme, les grands singes, les baleines et les éléphants, bref les mammifères à grand cerveau et à comportement social complexe. Mais l’identification de ces VEN chez le macaque apporte la preuve irréfutable que les singes possèdent au moins une forme primitive de ce type de neurones et donc la caractéristique comportementale de l’empathie et de la conscience de soi.

Le cortex insulaire antérieur est une petite région du cerveau liée à la conscience de soi qui joue un rôle clé dans certains troubles neuropsychiatriques. Le neuroanatomiste Henry Evrard, de l’Institut Max, en découvrant ces neurones VEN dans l’insula de singes macaques, ouvre de nouvelles possibilités d’étude des connexions et des fonctions de cette cellule et région très particulières du cerveau pour parvenir à mieux comprendre ensuite chez l’Homme, les troubles mentaux dont l’autisme et certaines formes spécifiques de la démence.

L’insula a un rôle clé dans différentes fonctions généralement liées à nos émotions, à notre conscience de soi et à nos interactions sociales. La partie antérieure de l’insula est le siège des émotions subjectives, telles que l’amour, la haine, le ressentiment, la confiance en soi ou l’embarras et, en relation avec ces émotions, l’insula antérieure est ainsi impliquée dans différentes psychopathologies. Des dommages à l’insula conduisent à l’apathie et à l’incapacité d’exprimer nos sentiments ou ceux d’un interlocuteur. Ces incapacités de l’insula sont rencontrées dans l’autisme et d’autres troubles neuropsychiatriques.

Le neurone VEN n’est presque exclusivement présent que dans la partie antérieure de l’insula et le cortex cingulaire antérieur. Sa présence n’était connue, jusqu’à cette étude, que chez les humains, les grands singes et certains mammifères dotés de grands cerveaux et à comportement social complexe comme les baleines et les éléphants. Contrairement aux autres neurones, le VEN a une forme particulière et sa broche est environ trois fois plus grande. On sait que la densité des neurones VEN est modifiée dans l’autisme et d’autres troubles neuronaux.

« Les neurones VEN ne sont donc plus une exclusivité des hominidés, mais sont donc également présents chez certains primates », explique Henry Evrard. Désormais, l’analyse des connexions et de la physiologie de ces neurones spécifiques est possible. Les singes vont pouvoir nous donner des indices sur l’évolution de la conscience de soi chez les humains et nous aider à mieux comprendre les troubles neuropsychiatriques graves, dont l’autisme, mais aussi la toxicomanie ou le tabagisme.

Source: Neuron 10 May 2012 74(3) pp. 482 – 489 “Von Economo Neurons in the Anterior Insula of the Macaque Monkey” (Image Welcome Trust) via Santé Blog

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Publié le 29 mai 2012, dans Santé-Alimentation, Sciences-Technologies, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur CONSCIENCE de SOI: Des neurones très spéciaux découverts chez le singe.

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