Documentaire : Un nuage sur le toit du monde

Des pics de pollution sur l’Everest supérieurs à ceux de Grenoble!

CNRS Images, IRD, ICIMOD

Le documentaire tourné à 5.000 m d’altitude relate l’aventure scientifique qui a permis de montrer la présence d’une importante pollution dans l’Himalaya. Témoignage de la réalisatrice du film Un nuage sur le toit du monde, à revoir sur Arte

Sur Arte, le documentaire réalisé par Agnès Moreau, Un nuage sur le toit du monde, relate les conditions étonnantes dans lesquelles des scientifiques ont pu mesurer des pics de pollution plus forts sur le «toit de monde», dans l’Himalaya, que dans certaines villes européennes.

Cette aventure sportive et scientifique commence en 2006 par la construction d’un laboratoire -une pyramide de verre- et d’une cabane de mesures à plus de 5000 m d’altitude. Les données engrangées sont passionnantes : on observe certains jours une pollution de 10 microgrammes par m3 alors qu’à Grenoble elle n’est que de 1 à 2 microgrammes par m3.

Parmi les explications trouvées, l’existence d’un nuage de pollution riche en ozone et carbone noir, appelé ABC pour « Atmospheric Brown Cloud« . Ce nuage, découvert dans les années 1990 par le Pr Veerabhadran Ramanathan (Scripps Institution, Californie, USA), se sert des vallées himalayennes comme d’un couloir pour atteindre le sommet des massifs, polluer leur atmosphère et faire fondre les glaces.

Quel est l’influence de ce nuage sur cette immense réserve d’eau qu’est l’Himalaya ? En quoi le réchauffement climatique modifie les 33.000 km2 de glace de cette chaîne de montagne ? Jusqu’à présent l’attention était focalisée sur les glaces du pôle nord et du pôle sud, en oubliant que la Terre possède son troisième pôle : l’Himalaya.

Ce dernier, comme les deux autres, voit son climat et sa végétation se modifier. Les scientifiques tentent donc d’inventer un modèle pour comprendre et analyser les changements observés sur la troisième plus grande réserve d’eau douce du monde. Un défi que nous propose de vivre en direct ce film. (VIDEO ICI, 50mns ndlr)

Trois questions à Agnès Moreau, réalisatriceSciences & Avenir.fr : Filmer à 5000 m d’altitude, avec 30 à 35 % de capacité physique en moins, demande un peu de préparation. Comment vous êtes-vous préparée à ce tournage?
Agnès Moreau : Je me suis entraînée au parc des Buttes Chaumont (à Paris) pendant trois mois. Chaque jour, je courrais ou je marchais 40 minutes. Enfin avant de partir, toute l’équipe du tournage a passé un test d’aptitude au manque d’oxygène à l’hôpital de Bobigny.Et sur place, comment avez-vous géré le fait de vivre avec 45% d’oxygène seulement ?
C’est vrai que nous étions sous la menace d’un œdème pulmonaire ou cérébral. Mais nous étions surveillés par un technicien de la station qui mesurerait régulièrement le taux d’oxygénation de notre sang. Il observait aussi toute modification de notre comportement qui aurait pu être un symptôme d’hypoxie (manque d’oxygène).
Il faut savoir que derrière l’équipe de tournage traditionnelle, il y avait des porteurs et des guides. Sans eux, rien n’aurait été possible. Nous étions bien incapables de porter notre matériel.Comment s’organise la vie dans le laboratoire – la pyramide ?
Le laboratoire fonctionne toute l’année avec une dizaine de Népalais, souvent originaire de la région, qui restent sur place 5 mois environ. Puis ils rentrent chez eux, dans des villages qui sont souvent à plusieurs jours de marche. Les scientifiques viennent deux fois par an pour un mois et demi. Il y a une intendance très lourde, puisque tout le matériel est transporté à dos d’hommes, par les fameux sherpas.Propos recueillis par Isabelle Do O’Gomes


Par -Isabelle Do O’Gomes

Publicités

Publié le 28 mai 2012, dans Planète et Nature, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Super documentaire! Je l’ai vu. Sa fait un peu peur surtout le moment où il change le filtre à air pour leurs analyses et que le filtre est tout gris foncé alors que le neuf est blanc immaculé.
    La scientifique dit: « Tiens ça, s’est l’air qui est sensé être pure de l’Himalaya ». Ah!ah! Rire jaune.

    • Bonjour Jo! Une raison de plus de s’inquiéter…

      • Il faut s’inquiéter car si dans l’Himalaya l’air n’est pas pure alors dans quel état est l’air qu’on respire en ville.

        • Je suis allée faire une ballade en forêt cet après-midi, feu de camp sauvage où on a brûlé du plastique, bouteilles de coca, etc… Je n’ai pas de mot…

          • Oui, mais on s’est très bien que les préoccupations écologique ne sont que des idées de pays riche. Les gens dans des pays pauvres ont d’autre soucis que celui de faire attention à la nature, s’est de survivre!

%d blogueurs aiment cette page :