Un an après Fukushima, le «Big One» fait trembler Tokyo

JAPON – Après le tsunami et le séisme de 2011, la capitale vit dans la peur d’un tremblement de terre dévastateur…

Une lampe de poche, un casque et de l’eau pour plusieurs jours. A 72 ans, Haruko Matsumoto vit dans la peur du «Big One», le séisme majeur qui pourrait anéantir Tokyo. «Cet équipement permet de me rassurer, c’est comme un médicament», explique-t-elle en déballant son impressionnant sac de survie.

Le 11 mars dernier, elle prenait un cours de danse hawaïenne quand elle a ressenti le tremblement de terre de magnitude 9 qui a ravagé le nord-est du pays et fait 19.000 victimes. Elle a pensé qu’il s’agissait du grand séisme. Mais non, le «Big One» de Tokyo reste à venir. «Si on regarde l’histoire des séismes, c’est sûr qu’il y en aura un important à Tokyo», estime Shinichi Sakai, de l’Institut de recherche sur les séisme de l’université de Tokyo. Le gouvernement japonais estime qu’il y a 70% de risques qu’un séisme de magnitude 7 se produise d’ici à trente ans. Un chiffre à prendre avec des pincettes, la prévision des séismes restant une science très aléatoire.

La capsule antisismique aurait pu sauver les victimes du séisme

Une chose est sûre, Tokyo n’a pas été construite au bon endroit. La capitale se trouve au carrefour de trois plaques tectoniques. En 1923, un séisme de magnitude 7,9 avait fait 105.000 victimes à Tokyo. Selon le gouvernement nippon, un séisme de magnitude 7,3 au nord de la baie de Tokyo ferait 11.000 morts et détruirait 850.000 bâtiments dans la capitale. Difficile de garder son calme dans ces conditions. Et les répliques, parfois fortes, donnent lieu à quelques scènes de panique. «Quand on sent que l’immeuble tangue après un fort séisme, mes collègues femmes sont complètement stressées», témoigne Ingrid, 24 ans, une Française employée dans une société japonaise.

Les Tokyoïtes se ruent vers les sites des mairies d’arrondissement où des cartes exposent le taux de destruction probable par quartier en case de séisme majeur. Malgré les normes antisismiques très strictes en matière de construction, les habitants privilégient massivement les immeubles situés à l’intérieur des terres – réputé plus ferme – et les premiers étages pour éviter le mouvement de balancier et les ascenseurs arrêtés après une forte secousse.

 La peur du «Big One» a aussi suscité de nouveaux produits. Ainsi, la capsule antisismique et antitsunami a reçu plus de 3.000 commandes depuis son lancement, après le séisme. Dans cette sphère jaune de 1,2m de diamètre, vous pouvez (péniblement) rentrer à quatre et patienter en attendant la vague ou l’effondrement de votre maison. «Si la capsule avait existé, presque toutes les victimes du séisme et du tsunami du 11 mars auraient pu être sauvées», soupire Shouji Tanaka, le président de l’entreprise Cosmopower.

Marie Linton  – 20minutes.fr    De nos correspondants à Tokyo
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Publié le 10 mars 2012, dans Société, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Les rescapés vont garder en mémoire de cette terrible journée
    et la peur sera présente pendant des années ..

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