Trois scénarios envisagés pour protéger la Terre d’un astéroïde.

Le risque que l’un d’eux percute notre planète est pris au sérieux par l’Union européenne. Elle vient de consacrer 4 millions d’euros à un programme de recherches.

zone d'impact possible en 2036 -wikipédia-

Il s’appelle Apophis. C’est un astéroïde de 270 m de long qui file à la vitesse de 18 000 km/h en direction de la Terre. Le vendredi 13 avril 2029, Apophis nous frôlera à seulement 32 000 km. Soit plus bas qu’un satellite géostationnaire. « On le verra à l’oeil nu, se réjouit à l’avance l’astrophysicien Patrick Michel. Un spectacle magnifique ! »

Et un gros « ouf » de soulagement : pendant plusieurs années, les scientifiques ont cru au risque de collision. Aujourd’hui, ils disent le danger écarté.

Des « géocroiseurs » du genre d’Apophis, les observateurs de l’espace en ont recensé huit mille. Leurs trajectoires sont décortiquées, leur vitesse analysée : aucun ne représenterait un péril pour les trente années à venir. « Après, on ne peut pas être aussi catégorique. C’est comme pour la météo : plus les prévisions sont lointaines, moins elles sont fiables », explique le scientifique.

Faire exploser une bombe

À longueur d’année, la Terre est bombardée de projectiles venus de l’espace. La plupart sont de simples poussières qui se désintègrent en entrant dans l’atmosphère, provoquant le phénomène d’étoile filante. La plupart, mais pas tous. En 1908, un astéroïde de 50 m a explosé au-dessus de la Sibérie, pulvérisant 30 000 km2 de forêt. Il y a 65 millions d’années, celui qui s’est écrasé sur la péninsule du Yucatán (Mexique) a causé un tel nuage de cendres et de poussières que la moitié des espèces vivantes ont disparu.

En étudiant notamment la surface de la Lune, les scientifiques ont établi des « taux d’impact » selon la taille de l’objet. Par exemple, un astéroïde de 300 m capable de causer des dégâts à l’échelle d’un pays tombe en moyenne une fois tous les 60 000 ans. Le risque est pris au sérieux par l’Union européenne : elle vient de débloquer 4 millions d’euros pour financer un programme destiné à mettre en place un « bouclier anti-géocroiseurs ». Baptisé NEOShield, sa direction a été confiée à l’Agence spatiale allemande, et la maîtrise d’oeuvre industrielle à Astrium, filiale du groupe EADS.

Trois types d’interventions sont envisagés. Si l’astéroïde est de petite taille, on peut envoyer un vaisseau spatial qui se positionnera à proximité. Par sa masse, ce « tracteur gravitationnel » exercera une attraction qui le déviera de sa trajectoire. Un millième de degré suffit. Ce scénario est étudié par une équipe américaine à Palo Alto, en Californie.

Autre possibilité, faire exploser une bombe nucléaire dont le souffle modifierait la course de l’astre. C’est la piste de travail des chercheurs russes de Roscosmos. Troisième solution : utiliser un « impacteur cinétique ». En clair, un projectile qui, en percutant l’astéroïde, l’emmènerait se faire voir ailleurs.

« On enverrait d’abord un satellite orbiteur pour l’observer et nous renseigner sur sa forme, sa masse, sa composition. Puis l’impacteur », explique Erwan Kerendal, chef de projet chez Astrium, à Toulouse. Pour être efficace, l’engin devrait être guidé à une vitesse de 40 000 km/h et taper sa cible avec une précision de quelques mètres. Dire que ce n’est même pas de la science-fiction !

    Marc MAHUZIER.Ouest-France.fr
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Publié le 22 février 2012, dans Astronomie-Espace, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Seul l’avenir pourra dire quelle sera la bonne facon si cela réussit …

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