Des enfants victimes d’empoisonnement au pesticide en Inde

En Inde, des enfants sont victimes d’empoisonnement

à l’endosulfan

                                                               

En Inde, l’utilisation massive d’endosulfan, un pesticide qui protège les cultures des insectes, provoque des malformations congénitales neurologiques chez les nouveaux-nés, compromettant gravement leur bon développement

En Inde, l’utilisation massive d’endosulfan, un pesticide qui protège les cultures des insectes, provoque des malformations congénitales neurologiques chez les nouveaux-nés, compromettant gravement leur bon développement !

En Inde, dans l’Etat du Kerala, les vallées boisées et la végétation dense abritent des communautés rurales vivant de l’agriculture. Plusieurs familles subissent aujourd’hui les conséquences de l’utilisation massive d’endosulfan, un pesticide qui éloigne les insectes des cultures de cajou et d’autres denrées. Ce produit chimique, dont l’interdiction mondiale a rassemblé 127 gouvernements lors de la Conférence de Stockholm (Suède) sur les polluants organiques persistants (POP) en avril 2011, a des effets dévastateurs sur la santé de nombreux enfants d’agriculteurs indiens.

Mamatha, 26 ans, est issue d’une famille de cultivateurs de noix de bétel. Elle est née avec une petite tache rouge située dans le coin supérieur de l’oeil gauche. Une tache qui a grandi au fil du temps pour devenir une énorme tumeur recouvrant la moitié de son visage, l’arrière de son crâne et une partie de son cou. La raison de cette grosseur, un empoisonnement à l’endosulfan dû à une exposition trop importante à ce pesticide qui agit comme un poison de contact pour une grande variété d’insectes et d’acariens. En Inde, seuls les États du Kerala et du Karnataka autorisaient la pulvérisation de ce produit chimique par voie aérienne, une méthode aux répercussions alors peu connue des scientifiques. Au cours de ces vingt-cinq dernières années, les sols, les ressources en eau, la faune et les communautés ont été contaminés, provoquant des malformations congénitales neurologiques chez les nouveaux-nés.

Abhilash Bhat, 10 ans, doit quant à lui supporter une tête de 20 kilos, ce qui représente quatre fois le poids d’un crâne adulte. Souffrant d’hydrocéphalie, une maladie rare caractérisée par une accumulation anormale de liquide céphalo-rachidien exerçant une pression qui rétrécit le cerveau, d’où un retard mental, il pourrait être sauvé par une opération à haut risque et coûteuse pour sa famille. Ses parents consacrent déjà plus de la moitié de leurs salaires aux soins médicaux et hospitaliers nécessaires à sa survie. D’autres enfants sont par ailleurs atteints de cécité ou d’une malformation faciale, tandis que certains ne peuvent pas marcher. Les données médicales collectées par les responsables sanitaires du Kerala estiment à 4 270 le nombre de personnes empoisonnées par les pulvérisations d’endosulfan, dont 500 seraient décédées.

 

Une interdiction timide

Massivement utilisé pendant la révolution verte, l’endosulfan fabriqué en Inde représentait 70% du marché mondial à cette époque, permettant d’accroître la productivité de l’agriculture indienne et générant des exportations. Ce n’est qu’en mai dernier que le président de la Cour suprême indienne Sarosh Homi Kapadia a ordonné sa prohibition pour huit semaines, le temps de réaliser une étude sur son niveau de toxicité. Cette décision a provoqué une polémique, le ministre de l’agriculture indien Sharad Pawar estimant qu’aucune preuve tangible ne venait confirmer la dangerosité de l’endosulfan pour l’Homme, tout comme plusieurs agriculteurs qui tiennent pour responsable non le pesticide mais la méthode de la pulvérisation aérienne. « Ils disent que l’endosulfan a nui à beaucoup de gens mais quand vous regardez la situation économique, elle est pathétique », déclare pour sa part Mohammad, un agriculteur qui ne récolte plus que de quinze à trente kilos de cajou par jour, contre sept cents kilos lorsqu’il utilisait de l’endosulfan.

Des motivations économiques expliquent les réticences de la Cour suprême à interdire définitivement le pesticide. L’Inde voit en effet son industrie agricole décliner, doit supporter de grosses pertes financières et de surcroît affronter la contrebande, qui s’est organisée aux frontières intérieures du pays. Le Kerala est le seul État à proposer des solutions alternatives, alors que les vingt-sept autres, il est vrai beaucoup moins touchés par les empoisonnements, ne veulent pas abandonner ce pesticide efficace et au prix avantageux. La Cour suprême peine enfin à apporter de réelles solutions pour liquider les stocks d’endosulfan restants. A la vue de ces clichés, il y a pourtant urgence.!!!

Source : thegreenweb

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Publié le 6 janvier 2012, dans Santé-Alimentation, Société, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Des enfants victimes d’empoisonnement au pesticide en Inde.

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